Sciences (sur)naturelles

Née en 1873, la California Academy of Sciences est un beau musée d’histoire naturelle installé dans un bâtiment signé Renzo Piano, avec son aquarium, son toit végétalisé, sa jungle, son T-Rex, ses 26 millions de spécimens, ses 1,6 millions de visiteurs par an, ses 600 employés et ses 50 chercheurs.

Nous avons été reçus par Amie Wong (@amie108), marketing manager et responsable des médias sociaux pour l’institution, qui comme l’UNIL, possède à la fois une mission de recherche et un devoir de transmettre la science à la société. Au rayon « fun », le musée organise tous les jeudis soir des événements nightlife, une mélange de science et de hype qui rassemble 2000 personnes (âgées de plus de 21 ans, alcool oblige).

Mise en abyme: Amie Wong en vrai, et dans le virtuel

Amie Wong, véritable serial-twitteuse, s’occupe seul, et à tiers-temps, des réseaux sociaux pour le musée. YouTube (elle tourne les vidéos elle-même avec son appareil photo!), iTunes U, Twitter, Facebook, Flickr, Vimeo y passent. Sur ses secondes libres, elle monitore Yelp, Tripadvisor, Foursqure et Gowalla pour savoir ce qui s’écrit sur le musée.

Un exemple de « user-generated content »: organiser un concours de photos et inciter les visiteurs à publier des images sur un compte Flickr, puis organiser une remise de prix originale. « Nous avons reçu 6000 photos: c’est génial, nous avons maintenant un joli stock d’images gratuites pour notre marketing! » L’autre idée, avec NightLife, c’est de poster des photos qui rendent « jaloux » ceux qui ne sont pas venus à la soirées.

Pour le rythme: dans les 8 tweets et les 2-3 posts Facebook par jour.

Elle rassemble les infos statistiques rassemblées dans un tableau (Google spreadsheet), ce qui lui permet de les distribuer en interne. Genre: facebook + X %, tant de revues sur Yelp, etc.

Amie Wong fait du service après-vente: si les commentaires sont négatifs, elle envoie des entrées gratuites aux personnes qui se plaignent. Souvent, les gens posent des questions sur le prix des billets ou les horaires un peu n’importe où sur les différentes pages du musée. Elle y répond.

Comme tant d’autres, elle doit suivre les nouveautés en matière de réseaux sociaux. Mais multiplier la présence n’est pas efficace selon elle: il faut se demander où se trouve le public. Dès que Google+ est sorti, elle a créé un compte pour le musée, afin de sécuriser la zone. Mais tant que ce média ne décolle pas, elle en reste au minimum: « on ne peut pas tout faire ». Le musée venait de passer à la présentation timeline: voici quelques exemples de design amusants/intéressants/originaux avec cette nouvelle contrainte.

Le but des réseaux sociaux:
– Faire venir des gens, qui achètent des billets et des produits dérivés
– Approfondir la relation avec la communauté
– Faire connaître la marque
– Faire connaître la mission, éducation et recherche
– Se faire connaître comme source d’experts dans le domaine des sciences naturelles

Et la mesure de la réussite, c’est la vente de billets $: le musée mène des petites enquêtes pour savoir comment les visiteurs ont entendu parler de la « calacademy »: 7% via les réseaux sociaux.

Au passage, une remarque intéressante: « J’aimerais convaincre les chercheurs d’utiliser les réseaux sociaux, comme Twitter. Et à se présenter sous leur propre nom, et pas se glisser sous l’identité du musée, afin de donner un visage à la science. »

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