Un tour chez les rebelles

Notre équipe a ensuite pris la route pour Berkeley, avec l’impression de retrouver un monde normal. Des vieux bâtiments, des bureaux minuscules et des étudiants partout: ouf!

Nous avons rencontré Christina Sponselli (@sponselli) et Ram Kapoor, qui gèrent la communication via les médias sociaux, et s’intéressent aux alumni. Ce fut une séance très riche et pratique.

– UCBerkeley aimerait devenir un hub pour les réseaux sociaux qu’utilisent ses alumni. Partant de l’idée qu’il est impossible de retrouver quelqu’un dans Twitter, l’idée est par exemple de rassembler les coordonnées des anciens étudiants grâce à @Cal. Cela me semble un travail de fourmi, mais ils se sont lancés. L’Université possède trois comptes (@UCBerkeley, @UCBerkeleyNews, @UCBerkeleyEvents) mais aimerait réduire ce nombre à un.

– Leur page Facebook vient de passer à la nouvelle présentation Timeline. C’est une évidence, il faut s’adapter à toutes les lubies des créateurs des réseaux sociaux. Le point fort: la page a une personnalité, un ton, qui ne varie pas. Cela aide à choisir quel sujet poster, à trier dans les idées. L’audience première de Facebook pour Berkeley, ce sont les étudiants de 18 à 24 ans. En utilisant les statistiques fournies par le réseau social, on peut savoir si les personnes qui visitent et interagissent sur la page se trouvent bien dans la cible. Deux personnes s’en occupent (plus des autres réseaux sociaux), ainsi que des étudiants qui amènent des idées de posts, et les réalisent.

Ram Kapoor prévoit d’engager une dizaine d’étudiants, qui seront bénévoles et travaillent donc pour la gloire d’avoir leur nom sur la page de l’institution, pour rédiger des messages. Une équipe de « curators », spécialisés dans un domaine (de la photo à la musique, en passant par les nouvelles technologies ou la couture), ce qui permet de se créer un réseau d’experts.

Il faut être humble: les messages très populaires portent sur des sujets émotionnels (mort de Steve Jobs par exemple), des vacheries sur les concurrents de Stanford, des photos rigolotes et des messages du genre: « c’est le moment de réviser, déconnectez-vous de Facebook ». Le staff doit peu intervenir pour modérer: la communauté le fait d’elle-même, et en plus répond aux questions. Il ne faut surtout pas répondre trop tôt aux commentaires négatifs, ou aux prises de becs entre commentateurs, et attendre de voir si l’auto-régulation se met en place.

Leurs conseils: être « personnel » et authentique. Court et succint. Ajouter des liens. S’adresser à la communauté, et l’écouter. Mettre en réserve des idées de photos et de vidéos, pour avoir de quoi poster. Utiliser Facebook lors d’événements sur le campus pour poster des photos, voire des vidéos live.

– Pour Christina Sponselli, « Google+, c’est comme faire ses devoirs ». L’Université s’y trouve, partant que l’idée que cela peut décoller. Ils le considèrent comme un outil de geeks et de mâles, mais très important pour l’optimisation dans le moteur de recherche Google, qui donne de l’importance à ces stupides « +1 ». Berkeley y poste des sujets techniques, et des vidéos. Faute de moyens, G+ ne semble pas prioritaire.

Foursquare est également utilisé. Surtout via les mobiles par les nouveaux étudiants, qui ne connaissent pas le campus, ou pendant les journées portes ouvertes. Ils souhaitent que certains étudiants (par exemple ceux qui organisent les visites guidées du campus) y ajoutent leurs propres tours, et les mettre en compétition pour voir lequel a le plus de « followers ». Il y a sûrement quelque chose à en faire pour les Mystères. Les badges que l’on peut obtenir – par exemple quand on a donné de l’argent à l’université – ont du succès, en tous cas aux Etats-Unis.

– Conseil: dès qu’un nouveau réseau social se pointe, il faut acquérir/réserver l’URL ou le nom de notre choix, pour éviter de se le faire piquer.

– Pour convaincre le management de l’intérêt des réseaux sociaux: trouver des métaphores et des images, transposer dans le monde réel. De la patience. Ne rien survendre et voler bas pour échapper au radar. Et surtout amener des outils de mesure des résultats et d’analyse de l’audience, une fois par semaine. Il en existe beaucoup (SocialBro, Crowdbooster). En vrac: pour Twitter, compter les RT et les « click-throughs ». Pour Google+, les « +1 » et les Reshares. Pour Facebook, mesurer la « viralité », c’est à dire le nombre de personnes qui ont créé des posts sur la base d’un message de Berkeley. Et les « likes ».

– Pour intéresser les alumni qui se trouvent un peu partout dans le monde, Christina Sponselli pousse des tweets à des heures qui correspondent, par exemple, au matin à Tokyo. « Timing is a big thing », selon elle. Les alumni qui vont sur Facebook se font un « trip nostalgique ».

– Toujours à propos du timing: Berkeley a abandonné la politique qui consiste à dire: lundi, vidéo. Mardi, photo. Mercredi, sérieux. Etc. C’est utile au début, mais maintenant, ils y vont à l’instinct.

– Berkeley, très décentralisée, possède un Social Media Users Group (SMUG). Il regroupe les gens qui s’occupent des réseaux sociaux dans les différents services et départements. C’est un échange de bonnes pratiques, une fois par mois.

– Pour les événements, une idée consiste à proposer aux gens d’envoyer leurs photos sur Flickr. De créer un hashtag # pour la journée, et inciter les gens à l’utiliser.

Au Faculty Club de Berkeley

– Berkeley a une longue tradition de contestation. D’où la mise en place d’une application Facebook, SproulPlaza, où l’on peut débattre de sujets chauds, comme le budget de l’université ou le montant des écolages. C’est un bel outil, qui permet de poser des questions à la direction. Un de ses membres répond ensuite en vidéo. Le mieux, c’est d’aller voir.

– Les réseaux sociaux s’intègrent dans la communication d’urgence de l’Université. En cas de feu, ou de fusillade, les parents se renseignent via ces médias.

– Les responsables rencontrés affirment ne pas avoir de stratégie écrite concernant les réseaux sociaux.

Voilà: c’est un peu brouillon, mais 1) j’ai des images de tous les slides 2) c’est un peu l’esprit Berkeley. Go Bears!

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Une réponse à Un tour chez les rebelles

  1. Guillaume Conne dit :

    Merci pour le compte rendu!

    Le principe de l’application Facebook SproulPlaza (qui était encore au stade de développement lors de ma visite en septembre dernier) est intéressant.

    Mais dans le même registre, la série de vidéos YouTube de leur concurrent Stanford me semble beaucoup plus pratique à mettre en place.

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