La métaphysique de YouTube

Le hall d'entrée de YouTube, à San Bruno

Franchement, je n’attendais rien de la visite chez YouTube. En gros, c’est un gros serveur sur lequel on dépose des vidéos de petits chats ou de Russes qui manient des gros flingues. Eh bien, erreur.

Deux mots sur la boîte: immense open space sur deux étages, des bureaux rose vif, des ballons, un mini-golf, un grand toboggan rouge, des drapeaux qui pendent un peu partout, des ingénieurs dans la vingtaine… Et des salles de réunion qui portent des noms bizarres, comme « This is Sparta! » ou « Awkward family photos ».

Dans les chiffres: chaque minute, 48 heures de vidéos mise en ligne. 1000 employés. Naissance en 2005, rachat par Google en 2007.

Arthur Woods, qui nous fait visiter la maison, s’occupe de YouTube EDU. En gros, c’est leur version de iTunes U, ouverte en 2009. Pour l’instant, 750 chaînes « éducatives » ont été ouvertes, pour 540 000 vidéos. On y trouve de tout, comme des cours de Harvard, Stanford ou Berkeley. Ainsi que des archives du MIT. Il signale que YouTube est largement utilisé comme… moteur de recherche, pour trouver des informations. Il n’est donc pas mauvais d’être bien présents sur ce site pour notre promotion.

Pour intégrer le programme YouTube EDU, il faut se créer un « channel ». Y placer du contenu universitaire de qualité. Postuler à leur « YouTube Partner Program ». Et pour quel bénéfice ?

Les avantages de YouTube EDU d'un coup d'oeil

Evidemment, Arthur Woods est tout motivé à l’idée de voir des universités suisses rejoindre ce programme d’ici quelques mois (il n’est pas encore ouvert sous nos latitudes), et nous présente quelques films réalisés par des institutions américaines.

Je lui pose la question: « Les vidéos « éducatives » que vous venez de nous montrer sont de très bonne qualité. Nous avons surtout des cours en plan fixe, dans iTunes U, et nous utilisons notre channel YouTube pour la promotion, pas pour la formation. »

Sa réponse, tout à fait décomplexante: Arthur Woods, YouTube EDU.

Et peut-on avoir facilement des statistiques sur qui regarde quel vidéo, pendant combien de temps ? La réponse en vidéo d’Angela Lin, « strategic partnerships ».

Bref, une visite intéressante, et une bonne surprise.

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Enfin des geeks!

Andrew Myers et Staci Baird

Quelques centaines de mètres plus loin sur le campus de Stanford se trouve la School of Engineering. Une équipe d’une quinzaine de personnes s’occupe de médias sociaux, à des degrés divers.

L’école possède un site de news scientifiques, dans lesquelles Staci Baird essaie de placer des grandes photos (« parce qu’elles sortent bien sur les tablettes »).

– Sur Facebook, on vient de passer à Timeline. « Les photos sont là aussi plus importantes qu’avant », ajoute la très dynamique journaliste. C’est une page communautaire, plutôt à destination des étudiants. On n’hésite pas à poster des messages légers, comme la chasse aux « whiteboards » couverts de dessins ou d’équations (et dans lesquels il faut trouver le chat!). Ou à poster des images anciennes tirées des archives.

– « Twitter, c’est pour les journalistes », note @girljournalist. Elle poste des messages tôt le matin, pour toucher les médias de la côte Est. Elle avoue mener une politique « agressive » sur ce média. Et relit tous les messages que postent les stagiaires qui travaillent pour elle: « écrire pour Twitter, ce n’est pas facile. En sciences, un mot mal placé change le sens de la phrase. »

– Nous recevons confirmation que Google+, c’est pour les geeks.

– Au sujet du contenu: aucune réticence à réutiliser du matériel imprimé pour le placer dans les réseaux sociaux. Ainsi, le 13 janvier, une carte des alumni de l’école, tirée d’un rapport quelconque, a été mise en ligne. Les internautes se sont spontanément « tagués » (géolocalisés) dessus!

– Comme tant d’autres, l’école utilise CrowdBooster et Radian 6 pour ses médias sociaux. Staci Baird rêve d’un outil qui permettent de suivre tous les réseaux, en même temps. Mais cela n’existe pas.

– La page Facebook et le compte Twitter de l’école portent le nom de la personne qui en est responsable, pour rendre la relation plus personnelle. Elle est carrément visible sur Google +, sous la forme d’un dessin dans le logo.

– Andrew Myers, associate director de la communication, réalise des vidéos et les poste sur YouTube.

Le premier serveur de Google, à l'école d'ingénieurs de Stanford

– La School of Engineering compte 9 départements. Chacun a son site internet, mais n’est pas présent dans les réseaux sociaux. « Je tenterais de les en dissuader, note Staci Baird. Car s’ils n’arrivent pas à les maintenir, à assurer le suivi, ce sera mauvais pour eux. Si un étudiant ouvre une page ou un compte pour le compte de l’école, je tente de le prendre dans mon équipe, pour ne pas diffuser deux messages. »

– « Notre stratégie, c’est de faire ce que l’on peut maintenant, et d’ajuster tous les 6 à 9 mois ».

– Staci Baird aimerait en faire davantage avec Foursquare (prévoir un badge pour la cafétéria, poster des photos de certains coins du campus), et Instagr.am.

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Alumni-ssant

Frances C. Arrillaga Alumni Center

S’il fallait un exemple pour montrer la différence culturelle entre les USA et la Suisse au sujet des alumni, on le trouverait à Stanford. Cette université possède un immense bâtiment, avec restaurant et salles de réunion, qui leur est dédié…

Nous avons rencontré Adam Miller et Amy Wolf. Mais j’en ai retiré peu de choses, si ce n’est l’utilisation de LinkedIn. Un groupe privé accueille les véritables alumni (une vérification est faite), et le forum caché derrière abrite de longs messages. « Cela marche, parce que c’est fermé et de bonne qualité », résume Adam Miller. En ce moment, il a plusieurs stagiaires occupés à repérer et enregistrer les identités Twitter (et autres réseaux sociaux) des alumni de Stanford dans une base de données. Un travail de fourmi puisque l’Université en compte près de… 200 000! « Cela nous permet de trouver des experts pour le magazine des alumni, et pour mettre en contact des gens qui ont des intérêts communs », ajoute l’Américain.

Leur page Facebook est par contre ouverte à tous. Mais comme les informations sont plutôt intéressantes pour les alumni, elle ne présente pas un grand intérêt pour les autres. Il est prévu de passer à la nouvelle présentation Timeline. Enfin, l’association possède un site, qui fait penser à notre Alumnil.

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Stanford et les 40 blogueurs

Changement radical d’ambiance à Stanford, dans la Silicon Valley. Première halte à la School of Medecine, où nous sommes accueillis par deux responsables de l’Office of communication & public affairs, Michelle Brandt et John B. Stafford (@jbstafford). Une équipe d’une quinzaine de personnes s’occupent de médias sociaux.

Une étude de Pew Internet a montré que 83% des adultes américains cherchaient des informations médicale sur internet. Il faut donc que l’expertise de Stanford soit présente en ligne. Leur grand outil: Scope, un blog médical WordPress tenu par une quarantaine de personnes, coachées quant au style d’écriture. On compte 3300 entrées à ce jour, et 40 000 visiteurs uniques par mois. Les textes traitent aussi bien de « home stories » que de l’actualité médicale. Stanford ne craint pas de parler de recherches menées dans d’autres universités. Ce blog est un moyen d’entrer en contact avec les internautes, et d’asseoir la réputation de l’école dans le domaine médical. Les responsables de Scope luttent parfois pour que des chercheurs ne publient pas des informations du genre « J’ai obtenu une bourse ».

– Sur Twitter, l’école gagne quelques centaines de « followers » chaque semaine. Les tweets sont agendés pour être mis en ligne à certaines heures (avec les outils SocialFlow et CrowdBooster). Stanford a la chance d’avoir des professeurs accros à Twitter, dont @larrychu. Ce genre de personnage peut créer une pression sur ses pairs. Les nouveaux articles postés sur Scope sont relayés.

Facebook relaie également Scope. « Mais nous avons aussi des questions sur les admissions. C’est du service à la clientèle inévitable », note John B. Stafford, qui espère tout de même autre chose.

– L’école utilise aussi YouTube sans complexes, pour diffuser des vidéos promotionnelles, ou carrément des conférences en plan fixe. Avec un réalisateur professionnel engagé à mi-temps, ils ont choisi un style un peu décalé et personnel, pour parler des gens qui font la science. Bien entendu, chaque vidéo est ensuite relayée dans les réseaux sociaux.

– Idée géniale et toute simple pour Flickr: mettre en ligne une collection d’images médicales. Cela a permis de rendre accessibles des photographies qui dormaient auparavant dans des archives.

– L’école utilise iTunes U. Des podcasts lancés en période électorale, pour défendre la recherche en médecine. La longueur des sons a suscité le scepticisme (plus de 20 minutes), mais le succès a été au rendez-vous, avec 250 000 téléchargements.

Pour récolter des statistiques, l’outil Radian 6 est employé. Grâce à swissnex, nous pouvons également y avoir accès. « Il est essentiel d’avoir les moyens de comprendre ce qui s’écrit sur l’institution », ajoute John B Stafford.

– La School of medecine publie un magazine trois fois par an, le Stanford Magazine, qui vise les décideurs et les alumni: bref, ceux qui peuvent faire des dons. Entre deux parutions, l’équipe utilise Twitter pour suivre l’actualité.

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Les drôles d’oiseaux de Twitter

« Ce monde a besoin de tout, sauf d’informations supplémentaires » – Michel Houellebecq

Avec beaucoup d’enthousiasme, Thomas Arend (@techno) présente Twitter, installée au centre de San Francisco. « Nous avons 800 employés et nous sommes encore une start-up. Notre plateforme est très ouverte et nous aimons partager l’information. Facebook est très fermé, et Apple a toujours été paranoïaque avec ses produits. Cette ambiance dépend beaucoup du management. »

Thomas Arend est très ouvert à des idées de « features » propres aux universités: il suffit de le contacter. Par exemple, créer un outil de vote pour savoir ce que pensent les utilisateurs de Twitter à un moment donné: il mentionne l’actualité récente du CERN sur la possibilité de dépasser la vitesse de la lumière.

Il donne ensuite deux exemples de moyens graphiques d’utiliser cet « air du temps »: Love will conquer et un outil développé pour MTV.

@techno propose au débotté que des chercheurs partagent leurs problèmes/questions sur Twitter pour que d’autres scientifiques participent. C’est un outil de mesure du buzz: avec un hashtag qui porterait sur des résultats d’une recherche, on pourrait comment les travaux ont été mentionnés. Tout cela est bien flou, mais c’est assez normal: la société est toute neuve.

Pour les intervenants rencontrés à Berkeley et Stanford, c’est clair: Twitter est un outil pour toucher les médias.

 

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Un tour chez les rebelles

Notre équipe a ensuite pris la route pour Berkeley, avec l’impression de retrouver un monde normal. Des vieux bâtiments, des bureaux minuscules et des étudiants partout: ouf!

Nous avons rencontré Christina Sponselli (@sponselli) et Ram Kapoor, qui gèrent la communication via les médias sociaux, et s’intéressent aux alumni. Ce fut une séance très riche et pratique.

– UCBerkeley aimerait devenir un hub pour les réseaux sociaux qu’utilisent ses alumni. Partant de l’idée qu’il est impossible de retrouver quelqu’un dans Twitter, l’idée est par exemple de rassembler les coordonnées des anciens étudiants grâce à @Cal. Cela me semble un travail de fourmi, mais ils se sont lancés. L’Université possède trois comptes (@UCBerkeley, @UCBerkeleyNews, @UCBerkeleyEvents) mais aimerait réduire ce nombre à un.

– Leur page Facebook vient de passer à la nouvelle présentation Timeline. C’est une évidence, il faut s’adapter à toutes les lubies des créateurs des réseaux sociaux. Le point fort: la page a une personnalité, un ton, qui ne varie pas. Cela aide à choisir quel sujet poster, à trier dans les idées. L’audience première de Facebook pour Berkeley, ce sont les étudiants de 18 à 24 ans. En utilisant les statistiques fournies par le réseau social, on peut savoir si les personnes qui visitent et interagissent sur la page se trouvent bien dans la cible. Deux personnes s’en occupent (plus des autres réseaux sociaux), ainsi que des étudiants qui amènent des idées de posts, et les réalisent.

Ram Kapoor prévoit d’engager une dizaine d’étudiants, qui seront bénévoles et travaillent donc pour la gloire d’avoir leur nom sur la page de l’institution, pour rédiger des messages. Une équipe de « curators », spécialisés dans un domaine (de la photo à la musique, en passant par les nouvelles technologies ou la couture), ce qui permet de se créer un réseau d’experts.

Il faut être humble: les messages très populaires portent sur des sujets émotionnels (mort de Steve Jobs par exemple), des vacheries sur les concurrents de Stanford, des photos rigolotes et des messages du genre: « c’est le moment de réviser, déconnectez-vous de Facebook ». Le staff doit peu intervenir pour modérer: la communauté le fait d’elle-même, et en plus répond aux questions. Il ne faut surtout pas répondre trop tôt aux commentaires négatifs, ou aux prises de becs entre commentateurs, et attendre de voir si l’auto-régulation se met en place.

Leurs conseils: être « personnel » et authentique. Court et succint. Ajouter des liens. S’adresser à la communauté, et l’écouter. Mettre en réserve des idées de photos et de vidéos, pour avoir de quoi poster. Utiliser Facebook lors d’événements sur le campus pour poster des photos, voire des vidéos live.

– Pour Christina Sponselli, « Google+, c’est comme faire ses devoirs ». L’Université s’y trouve, partant que l’idée que cela peut décoller. Ils le considèrent comme un outil de geeks et de mâles, mais très important pour l’optimisation dans le moteur de recherche Google, qui donne de l’importance à ces stupides « +1 ». Berkeley y poste des sujets techniques, et des vidéos. Faute de moyens, G+ ne semble pas prioritaire.

Foursquare est également utilisé. Surtout via les mobiles par les nouveaux étudiants, qui ne connaissent pas le campus, ou pendant les journées portes ouvertes. Ils souhaitent que certains étudiants (par exemple ceux qui organisent les visites guidées du campus) y ajoutent leurs propres tours, et les mettre en compétition pour voir lequel a le plus de « followers ». Il y a sûrement quelque chose à en faire pour les Mystères. Les badges que l’on peut obtenir – par exemple quand on a donné de l’argent à l’université – ont du succès, en tous cas aux Etats-Unis.

– Conseil: dès qu’un nouveau réseau social se pointe, il faut acquérir/réserver l’URL ou le nom de notre choix, pour éviter de se le faire piquer.

– Pour convaincre le management de l’intérêt des réseaux sociaux: trouver des métaphores et des images, transposer dans le monde réel. De la patience. Ne rien survendre et voler bas pour échapper au radar. Et surtout amener des outils de mesure des résultats et d’analyse de l’audience, une fois par semaine. Il en existe beaucoup (SocialBro, Crowdbooster). En vrac: pour Twitter, compter les RT et les « click-throughs ». Pour Google+, les « +1 » et les Reshares. Pour Facebook, mesurer la « viralité », c’est à dire le nombre de personnes qui ont créé des posts sur la base d’un message de Berkeley. Et les « likes ».

– Pour intéresser les alumni qui se trouvent un peu partout dans le monde, Christina Sponselli pousse des tweets à des heures qui correspondent, par exemple, au matin à Tokyo. « Timing is a big thing », selon elle. Les alumni qui vont sur Facebook se font un « trip nostalgique ».

– Toujours à propos du timing: Berkeley a abandonné la politique qui consiste à dire: lundi, vidéo. Mardi, photo. Mercredi, sérieux. Etc. C’est utile au début, mais maintenant, ils y vont à l’instinct.

– Berkeley, très décentralisée, possède un Social Media Users Group (SMUG). Il regroupe les gens qui s’occupent des réseaux sociaux dans les différents services et départements. C’est un échange de bonnes pratiques, une fois par mois.

– Pour les événements, une idée consiste à proposer aux gens d’envoyer leurs photos sur Flickr. De créer un hashtag # pour la journée, et inciter les gens à l’utiliser.

Au Faculty Club de Berkeley

– Berkeley a une longue tradition de contestation. D’où la mise en place d’une application Facebook, SproulPlaza, où l’on peut débattre de sujets chauds, comme le budget de l’université ou le montant des écolages. C’est un bel outil, qui permet de poser des questions à la direction. Un de ses membres répond ensuite en vidéo. Le mieux, c’est d’aller voir.

– Les réseaux sociaux s’intègrent dans la communication d’urgence de l’Université. En cas de feu, ou de fusillade, les parents se renseignent via ces médias.

– Les responsables rencontrés affirment ne pas avoir de stratégie écrite concernant les réseaux sociaux.

Voilà: c’est un peu brouillon, mais 1) j’ai des images de tous les slides 2) c’est un peu l’esprit Berkeley. Go Bears!

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Pommes chez Apple

A Cupertino

« An Apple a day keeps Windows away » – Brève de cafétéria, chez Apple

Notre groupe a pu « visiter » Apple à Cupertino. Pour donner une idée de l’ambiance: prendre des photos dans les bâtiments ou bloguer/tweeter ce qui a été raconté est interdit! La séance portait sur iTunes U, que l’UNIL connaît de toutes façons déjà bien. J’en ressors toutefois avec un contact, Steve Wilson, iTunes U producer. Ce dernier est disponible pour un entretien via Skype ou autre, si quelqu’un chez nous en a besoin. Notre guide nous a permis de traverser la cafétéria du campus, l’occasion de ramasser des pommes: tout est offert aux employés.

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Les belles histoires de l’oncle Chuck

Chuck Darrah

A San Francisco, la semaine a commencé par une conférence du professeur Chuck Darrah, de l’Université de San José. Cet anthropologue travaille sur les tribus qui peuplent.. la Silicon Valley. Il se qualifie d’insider ultime, puisqu’il est né à Stanford, et d’outsider total, car il n’a pas de smartphone. Il commence par faire remarquer que « le meilleur moyen d’entamer une bagarre consiste à affirmer que San Francisco se trouve dans la Silicon Valley ». Cette région, qui n’a pas d’existence administrative, possède toutefois une capitale: San José.

Il a retracé l’histoire de ce coin, dont l’industrie a passé par plusieurs étapes: harware, puis software, puis internet. Au fur et à mesure du développement des entreprises, la demande pour des business plans s’est faite plus forte. Au point que selon Chuck Darrah, la Silicon Valley est le pays du management. Il a rappelé quelques moments délirants, comme le fait qu’il était impossible de trouver un architecte juste avant 2000, car toutes les personnes qui possédaient un début de talent de graphiste étaient avalés par le secteur informatique, avec des salaires 2 à 3 fois plus élevés que leur activité précédente. Ou comment des jeunes ont pu entrer comme réceptionniste dans une « dot-com » et devenir vice-président en charge des ressources humaines en 6 semaines.

Aujourd’hui, Silicon Valley compte 22’000 entreprises actives dans le high-tech. La plupart ne compte qu’un ou deux employés, et leurs noms nous sont inconnus. Cette concentration, le fait que l’on peut y trouver des emplois, attire des gens du monde entier. Qui souvent ne restent que quelques années avant de repartir. Chuck Darrah a également tracé un portrait psychologique des « techies » de la région. « Ils savent que l’économie fonctionne par cycles. Quand elle s’écroule, ils s’accrochent et attendent que ça passe. » Les salaires, et donc les prix de l’immobilier sont tels qu’un professeur d’université ne peut pas acheter une maison dans le coin. « La culture de la prise de risque est très mise en valeur ». En conséquence, les échecs étaient également… bien considérés! « C’est un signe d’audace », ajoute Chuck Darrah.

La mentalité consiste à changer de job tous les deux ou trois ans, quitte à revenir dans sa boîte d’origine après un moment. Si la politique et le débat sont importants à San Francisco ou Berkeley, les gens de la Silicon Valley ont tendance à tout traiter sous la forme de problèmes à résoudre: « Tout passe par la technique ». Une vision utilitariste qui déborde sur la religion: « Le bouddhisme est populaire: car il aide à se concentrer ».

La Silicon Valley a beau être très internationale, elle fonctionne par classes sociales (et non par ethnies, comme ailleurs dans le pays). Le réseautage est essentiel, et Chuck Darrah cite l’exemple de barbecue dans des jardins où les invités passent leur temps à s’échanger des cartes de visite.

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Chez swissnex

« The coldest winter I ever saw was the summer I spent in San Francisco. »
– Attribué à Mark Twain

swissnex San Francisco, l’un des cinq « consulats suisses de la science » se trouve tout près de la Transamerica Pyramid. Son équipe s’est mobilisée un dimanche pour accueillir une délégation un peu « jetlaggée ».

Le directeur Christian Simm explique que la Suisse est bien loin de la Californie, et que les clichés sur le chocolat, l’argent et le fromage restent des valeurs sûres. Il faut encore expliquer que notre pays possède de bonnes universités et une recherche de pointe. Quelques différences culturelles nous attendent: une bonne partie des habitants de la région vient d’ailleurs, et ne connaît donc personne en arrivant dans la Bay Area. Ajoutez une population friande de nouvelles technologies, une bonne dose d’enthousiasme, une ouverture d’esprit peu commune, une densité de capital-risqueurs très élevée et l’équivalent de la population suisse installée autour d’une étendue d’eau grande comme le Léman: un goût certain pour les réseaux sociaux dans le coin n’est pas si surprenant, au fond.

Christian Simm (passé en rouge par Canon pour des raisons obscures)

Dépendant du secrétariat d’Etat à l’éducation et à la recherche, fruit d’un partenariat public-privé, swissnex fait une montagne de choses, dont présenter – sans faire trop de spectacle -les capacités d’innovation de la Suisse au public et aux médias américains. La petite cellule, qui compte une quinzaine d’employés fixes et des stagiaires, organise de nombreux événements interdisciplinaires, et joue le rôle de « relations presse » pour l’EPFL aux USA. La structure accueille aussi des « ambassadeurs » de HEC Lausanne, c’est à dire des gradués chargés de promouvoir la faculté, de trouver des places de stages pour des étudiants ou de créer des partenariats académiques. Enfin, sur mandat de la CTI, swissnex aide des starts-up helvétiques à mettre un pied aux Etats-Unis, en leur fournissant conseils, contacts et infrastructures de base (une centaine à ce jour). « Ici, tout le monde a une idée de start-up derrière la tête », note Christian Simm.

 

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Un peu de tourisme

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