La police qui imite l’art qui imite la police

La Police néo-zélandaise a organisé sa campagne de recrutement 2012-2013 sur le thème « You Too Can Do Something Extraordinary ». Pour cela, elle a eu recours à un artiste de street art, Otis Frizzell, lui demandant de réaliser sur les murs d’Auckland des fresques en pochoirs représentant des scènes impliquant des policiers.

Les individus et les situations représentées sont annoncés comme réels, les scènes ayant été vécues par les agents de police représentés. Le site web officiel associe à chaque fresque une courte vidéo narrant les circonstances de l’événement figuré. Ce qui étonne dans cette communication institutionnelle, au-delà de l’héroïsation des agents et de la focalisation sur leurs multiples gestes décisifs (sauvetage, arrestation, consolation d’une victime), c’est le choix de procéder par le recours à un medium fréquemment connoté comme étant aux antipodes de l’action policière : le graffiti.

La police néo-zélandaise s’approprie en effet un territoire (les murs en milieu urbain) et des techniques (le graffiti, le pochoir) qui habituellement sont précisément des espaces de résistance à l’autorité. Les images ainsi exposées dans les rues, lieu du travail quotidien des policiers, retournent la stratégie d’occupation de l’espace public et de visibilité des graffeurs et des artistes de rue.

Parmi ceux-ci, l’artiste Banksy et ses pochoirs urbains sont célèbres pour leurs prises de positions critiques contre le pouvoir, le capitalisme et la police notamment. Ses images les plus célèbres représentent d’ailleurs des policiers anglais. On retrouve explicitement dans la campagne néo-zélandaise un détournement du style et des traits de l’artiste devenu symbole urbain de la contestation et de l’anticapitalisme.

Le site officiel de recrutement de la Police néo-zélandaise : NewCops

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