L’Italie, l’Europe, la dette

29.09.18 – 4.10.18

Et voilà: sans surprise on en arrive au conflit entre l’Italie et l’Europe autour des règles budgétaires.

L’Italie est le pays avec la dette publique la plus élevée de tous les pays occidentaux, actuellement autour de 132% du PIL (2016). Cela signifie que les italien-ne-s doivent verser chaque année des sommes très conséquentes pour payer les intérêts passifs de l’Etat. Malgré cela Salvini, di Maio et leurs entourages continuent de faire de grandes promesses à leurs électeurs et électrices respectifs, avec le résultat de faire régulièrement monter le « spread », ou le taux d’intérêt par rapport à celui sur la dette allemande, ce qui coute des millions, voire des milliards en plus aux contribuables.

Mais qu’est-ce que cela signifie ? Il est intéressant de noter qu’une grande partie de la dette n’est pas très ancienne : elle remonte en réalité aux années 1980 – 2010. Cela signifie qu’une partie de la génération des « baby-boomers » c’est généreusement remplie les poches en ce concédant des cadeaux aux dépens de l’Etat : des cadeaux sous forme de travaux publics, d’emplois, de retraites, de subsides, de rentes, sans oublier les profits du crime organisé… sans trop se soucier du fait qu’à la fin quelqu’un devra payer la facture. On peut tourner la question comme on le veut, sur ce point les économistes libéraux ont tristement raison.

Chaque enfant qui nait aujourd’hui en Italie porte déjà sur son dos une dette de 35’000 Euros – la dette par personne est supérieure à celle de la Grèce : est-il surprenant que les italien-ne-s ne fassent presque plus d’enfants ? On le voit partout, sur les plages, dans les restaurants : ce sont les familles avec un enfant ou les couples sans enfants qui dominent la scène.

Naturellement, et comme toujours, tout le monde n’a pas profité : mais l’argent dépensé par l’Etat ne s’est pas dissout en l’air. Le taux d’épargne en Italie demeure très élevé.

https://www.rischiocalcolato.it/2014/10/secondo-il-credit-suisse-la-ricchezza-italiana-delle-famiglie-e-la-terza-al-mondo-forse-e-per-questo-che-il-belpaese-e-sotto-assedio-se-fosse-povero-non-succederebbe.html

Mais ceux et celles qui se sont enrichi-e-s appartiennent aux sphères qui font la politique ; donc le système est bloqué.

Le problème réel, en tout cas, ce n’est pas l’Europe, ni Maastricht : ce sont les « marchés financiers », qui menacent à chaque moment de retirer le peu de confiance qu’ils gardent envers l’Etat italien, en faisant monter ultérieurement les taux d’intérêts.

La question intéressante serait à savoir, qui se cache derrière ces fameux « marchés financiers ».

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