Le langage des journaux

11.10.2018

Je suis habitué à lire des textes en plusieurs langues, des sources historiques, des ouvrages scientifiques et des essais… Je dois toutefois avouer que j’ai souvent de la peine quand je lis les quotidiens italiens, tels La Repubblica ou Il Corriere della Sera. Après avoir lu les articles d’aujourd’hui sur la « manovra » économique du gouvernement italien, il faut dire que je n’ai pas tout compris. Le langage est souvent obscur, les concepts et les détails techniques sont mal expliqués.

Je me demande si on peut être surpris des succès du populisme alors que le langage des médias – surtout de ceux qui s’opposent à cette tendance politique – est si peu accessible.

Stime della crescita in Italia

11.10 18

dopo i conflitti sulle differenti previsioni di crescita per l’Italia, nuovo messaggio del governo all’Europa: « non andiamo a cercare il PILo nell’uovo! »

Le temps des Balkans

26.09.18

 

En Albanie on ne voit pratiquement aucune horloge publique, aucun marqueur du temps. Es s’il y en a une – comme ici à Girokaster – elle ne marche pas. Pour un suisse, habitué à l’omniprésence du temps mesuré, c’est assez bizarre.

Mais la société semble effectivement fonctionner selon un autre temps. (C’est d’ailleurs l‘impression qu’avaient déjà les voyageurs du XVIII s. dans le sud).

 

Heimat?

05.10.18

 

Nach zwei Wochen, teils im «Ausland», kommen wir «heim» nach Rom. Es ist seltsam, wie sich das Gefühl von «daheim» verschiebt. Schon nach einer Woche Albanien fühlte sich die Rückkehr mit der Fähre nach Bari wie ein «heimkommen» an. Ist es wegen der Sprache? Oder weil wir – seit ein paar Jahren – auch die italienische Staatsbürgerschaft besitzen? Wegen des Cappuccinos in der Altstadt von Bari? Oder weil wir uns da wohl fühlen?

Offenbar ist das Heimatgefühl etwas Flexibles – darüber gab es in den letzten Jahren auch Einiges zu lesen, soviel ich weiss…

 

 

Strasse im Zentrum von Bari

 

 

 

L’Italie, l’Europe, la dette

29.09.18 – 4.10.18

Et voilà: sans surprise on en arrive au conflit entre l’Italie et l’Europe autour des règles budgétaires.

L’Italie est le pays avec la dette publique la plus élevée de tous les pays occidentaux, actuellement autour de 132% du PIL (2016). Cela signifie que les italien-ne-s doivent verser chaque année des sommes très conséquentes pour payer les intérêts passifs de l’Etat. Malgré cela Salvini, di Maio et leurs entourages continuent de faire de grandes promesses à leurs électeurs et électrices respectifs, avec le résultat de faire régulièrement monter le « spread », ou le taux d’intérêt par rapport à celui sur la dette allemande, ce qui coute des millions, voire des milliards en plus aux contribuables.

Mais qu’est-ce que cela signifie ? Il est intéressant de noter qu’une grande partie de la dette n’est pas très ancienne : elle remonte en réalité aux années 1980 – 2010. Cela signifie qu’une partie de la génération des « baby-boomers » c’est généreusement remplie les poches en ce concédant des cadeaux aux dépens de l’Etat : des cadeaux sous forme de travaux publics, d’emplois, de retraites, de subsides, de rentes, sans oublier les profits du crime organisé… sans trop se soucier du fait qu’à la fin quelqu’un devra payer la facture. On peut tourner la question comme on le veut, sur ce point les économistes libéraux ont tristement raison.

Chaque enfant qui nait aujourd’hui en Italie porte déjà sur son dos une dette de 35’000 Euros – la dette par personne est supérieure à celle de la Grèce : est-il surprenant que les italien-ne-s ne fassent presque plus d’enfants ? On le voit partout, sur les plages, dans les restaurants : ce sont les familles avec un enfant ou les couples sans enfants qui dominent la scène.

Naturellement, et comme toujours, tout le monde n’a pas profité : mais l’argent dépensé par l’Etat ne s’est pas dissout en l’air. Le taux d’épargne en Italie demeure très élevé.

https://www.rischiocalcolato.it/2014/10/secondo-il-credit-suisse-la-ricchezza-italiana-delle-famiglie-e-la-terza-al-mondo-forse-e-per-questo-che-il-belpaese-e-sotto-assedio-se-fosse-povero-non-succederebbe.html

Mais ceux et celles qui se sont enrichi-e-s appartiennent aux sphères qui font la politique ; donc le système est bloqué.

Le problème réel, en tout cas, ce n’est pas l’Europe, ni Maastricht : ce sont les « marchés financiers », qui menacent à chaque moment de retirer le peu de confiance qu’ils gardent envers l’Etat italien, en faisant monter ultérieurement les taux d’intérêts.

La question intéressante serait à savoir, qui se cache derrière ces fameux « marchés financiers ».