Lecture et lecteur: un état des lieux

Croisant théorie littéraire et lectures concrètes, ce volume propose de cartographier quelques-uns des espaces ouverts par l’avènement de la figure du lecteur. Depuis l’annonce fracassante, par Roland Barthes, de la « mort de l’auteur » à la fin des années 1960, le lecteur et la lecture se sont en effet imposés comme des paradigmes incontournables des théories littéraires. Mais loin de mettre fin au mythe de l’Auteur, cette « naissance du lecteur » semble au contraire avoir permis une reconfiguration féconde de la figure même de l’écrivain, qui n’hésite plus désormais à inviter ses lecteurs et ses lectrices au cœur de l’univers fictionnel. Aussi lecteur, auteur et critique – sans qu’il soit d’ailleurs toujours possible de distinguer ces trois figures – ont-ils depuis plus d’un demi-siècle initié un dialogue passionnant dont se font l’écho les différentes contributions ici réunies.

Numéro spécial de la revue Versants co-dirigé avec Maria Bagyan et Adrien Paschoud et la collaboration d’Océane Guillemin. Lien vers le numéro : https://bop.unibe.ch/versants/issue/view/1539

Trois pensées du langage. Montaigne, Descartes et Rimbaud dans l’altérité de l’écriture.

Montaigne, Descartes et Rimbaud ont fait entendre dans l’écriture
ce que l’écriture passe sous silence : une pensée du langage qui est en
même temps une pensée contre le langage. C’est du cœur de l’altérité – du monde, du lecteur comme de la littérature – que les Essais, le Discours
de la méthode
et le Prologue d’Une Saison en enfer donnent ainsi à
lire l’histoire de l’avènement, du règne puis de la mise à mort du sujet.

Url de l’éditeur: https://www.editions-hermann.fr/livre/trois-pensees-du-langage-arnaud-buchs

Le positivisme de Taine

Au moment où l’œuvre de Taine semble sortir de l’oubli, il n’est sans pas inutile de s’interroger sur sa dimension épistémologique, notamment dans son rapport à la littérature. L’ « Introduction » de la monumentale Histoire de la littérature anglaise (1863) montre ainsi combien les catégories du positivisme échouent dans leur visée de fonder une nouvelle science de l’homme.

Article publié dans la revue Poétique no 190 (2021/2) sous le titre « Le positivisme de Taine au miroir de la littérature. Une science de l’homme sans objet ni sujet », consultable en ligne.